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Vers un Nord axé sur
les énergies renouvelables

Un Nord axé sur les énergies renouvelables

Le présent inventaire souligne de quelle manièreles territoires montrentr l’exemple en investissant dans les énergies renouvelables. Dans les parties précédentes, on présentait certains des défis et des possibilités qui caractérisent chacun des territoires, lesquels doivent aussi faire face à des défis communs qui exigent des solutions et des mesures concertées. Dans la prochaine partie, on décrit quelques-unes de ces initiatives. En unissant leurs efforts et en misant sur les énergies renouvelables, le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon auront accès à un immense potentiel qui leur permettra de créer un Nord plus prospère et plus durable.

Coût de l’énergie

Le coût du chauffage et de l’électricité varient selon les territoires, mais ils sont habituellement beaucoup plus élevés que dans le sud du Canada, en partie parce que les bassins de consommateurs y sont pluspetits et très éloignés les uns des autres par rapport au reste du pays. Les tarifs d’électricité, par exemple, sont de 9 à 10 cents environ le kilowattheure à Toronto, alors qu’ils peuvent atteindre deux dollars le kilowattheure dans certaines collectivités nordiques.

L’augmentation du coût déjà élevé de l’énergie issue des combustibles fossiles constitue, à long terme, un solide argument économique en faveur des sources d’énergie renouvelables et ce, dans chacun des territoires.Une planification et une préparation ciblées seront nécessaires pour tirer parti des possibilités de développement des sources d’énergie renouvelables à mesure que celles-ci deviendront rentables partout dans les territoires.

Technologies d’énergies renouvelables

La petite taille du marché que représentent les territoires constitue un autre défi quant au développement de technologies adaptées aux conditions arctiques et subarctiques qui existent dans le Nord, et décourage les entreprises locales de se lancer dans l’entretien et la réparation de nouvelles technologies. Dans les collectivités éloignées en particulier, il est souvent difficile de trouver les ressources humaines et techniques nécessaires. Tous ces facteurs font augmenter les coûts de construction, de fonctionnement et d’entretien des projets énergétiques, ce qui diminue la viabilité économique des projets d’énergie renouvelable dans le Nord. Ces dernières années, cependant, quelques entrepreneurs dynamiques ont commencé à faire leur apparition.

Les moldifications apportées aux politiques afin d’encourager et d’augmenter l’offre en matière d’énergies renouvelables, telles la facturation nette et les accords avec des producteurs d’énergie indépendants, contribuent à changer la donne en ce qui a trait aux systèmes de production d’énergie éolienne, photovoltaïque et géothermique connectés au réseau. Le Nunavut, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest ont déjà commencé à rédiger de telles politiques.

Ensemble, nous reconnaissons l’importance de financer, dans nos territoires respectifs, des études et des projets pilotes visant à déterminer l’efficacité et la faisabilité de diverses technologies d’énergie renouvelable et de divers emplacements. Ces études et ces projets pilotes permettent d’acquérir des connaissances et une expérience essentielles, de sensibiliser le public et à développer de nouvelles compétences. Grâce aux améliorations technologiques rapides auxquelles on assiste actuellement, l’utilisation d’énergies renouvelables pour le chauffage et l’électricité dans les régions arctiques et subarctiques est appelée à devenir plus fiable et moins coûteuse avec le temps. Au nombre de ces améliorations, mentionnons les systèmes de contrôle et les technologies de réseaux intelligents qui permettent une meilleure intégration des énergies renouvelables aux systèmes conventionnels. La recherche et l’expérience aidant, nous pourrons mieux comprendre le potentiel économique des sources d’énergie renouvelables et la manière d’intégrer celles-ci aux systèmes énergétiques existants. Il est essentiel que les gouvernements territoriaux mettent en commun les informations et les connaissances dont ils disposent, de façon à pouvoir s’entraider dans la poursuite de leur objectif d’un Nord axé sur les énergies renouvelables.

Financement

Les partenariats entre les gouvernements territoriaux, les gouvernements et organismes autochtones ainsi que les organismes de financement privées et publiques sont essentiels au développement de projets d’énergie renouvelable coûteux. Cette réalité est d’autant plus importante lorsque le coût d’un projet d’énergie renouvelable augmente.

Possiblité de raccordement au réseau électrique

Les grandes distances qui séparent les collectivités ainsi que les installations minières, pétrolières et gazières expliquent que les réseaux électriques, dans le Nord canadien, soient séparés les uns des autres.. Au Yukon, la plupart des collectivités sont raccordées au même réseau. Dans les Territoires du Nord-Ouest, ily a deux réseaux partiellement intégrés ainsi que plusieurs collectivités et mines isolées. Au Nunavut, les collectivités ne sont pas interconnectées à un réseau d’électricité. Par ailleurs, les réseaux des trois territoires sont isolés des autres réseaux nord-américains.

La croissance de la demande énergétique future, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale, créera un marché où il sera possible de vendre des’énergies renouvelables produites dans les territoires. Pour tirer parti de telles possibilités, il est nécessaire d’améliorer la capacité de transport. Étant donné le potentiel que représentent les énergies renouvelables dans les territoires, l’exportation de ces énergies pourrait donner naissance dans le Nord à une nouvelle économie dynamique et durable. Afin d’élargir ces perspectives, les secteurs public et privé devront investir dans l’infrastructure énergétique.

Actuellement, la possibillité la plus intéressante en fait de connexion à un réseau électrique du sud du Canada est celle offerte par une ligne de transport d’énergie reliant un projet d’aménagement hydroélectrique situé dans le nord du Manitoba à de petites collectivités dans la région de Kivalliq, et peut-être à des projets d’exploitation minière autour de Baker Lake. Il existe aussi un grand potentiel d’aménagement hydroélectrique à petite et à grande échelle dans la partie centrale et intérieure des régions de Kivalliq et de Kitikmeot, ainsi que dans les zones côtières de la région de Kivalliq. On estime qu’il se trouve là quelque 56 emplacements potentiels ayant une capacité de production de 3 600 MW. L’énergie ainsi produite pourrait servir à soutenir l’activité minière dans la région, ou encore être exportée vers le sud via le Manitoba. La Société d’énergie Qulliq examine aussi la possibilité de faire passer de 6 kV à 25 kV la capacité du réseau électrique à Iqaluit, ce qui réduirait grandement la perte électrique dans la capitale du Nunavut.

Au Yukon, toutes les collectivités, à l’exception de cinq d’entre elles, sont raccordées au réseau électrique. En 2008, Énergie Yukon estimait à environ 1 milliard de dollars le coût d’une ligne de transport d’une capacité de 240 kV, pouvant transporter, sur 1 303 km, environ 150 MW d’énergie entre Whitehorse et Terrace (C.-B.). Depuis, BC Hydro a entrepris des travaux pour étendre le réseau électrique de la province jusqu’à Bob Quinn Lake. La distance étant ainsi plus courte, les frais de raccordement seraient réduits de 15 à 20 %.

Il existe deux grands réseaux électriques dans les Territoires du Nord-Ouest, alimentés par les centrales hydroélectriques de Snare/Bluefish et de Taltson. De nombreuses collectivités autour du Grand lac des Esclaves sont reliées à ces réseaux. À long terme, le raccordement de ces deux réseaux pourrait permettre de diminuer la dépendance à l’égard des génératrices diesel utilisées comme sources d’énergie d’appoint. Cette connexion des réseaux pourrait être facilitée en agrandissant la centrale hydroélectrique de Taltson, afin d’alimenter en électricité les projets de mise en valeur des ressources dans la province géologique des Esclaves. La capacité de la centrale de Taltson pourrait être augmentée de 50 à 60 MW et ce, sans incidence marquée. La Société d’énergie des Territoires du Nord-Ouest et des partenaires autochtones se sont dits d’accord avec ce projet, qui permettrait de fournir de l’électricité aux mines de diamants de la région. Ils ont donc déposé, en mars 2009, un rapport d’évaluation du promoteur auprès des organismes de réglementation. Le processus de réglementation est pour l’instant interrompu, le temps que les promoteurs examinent les modifications à apporter au dossier présenté à l’appui du projet.

À long terme, on s’attend à ce que le coût des combustibles fossiles, sur les plans économique et environnemental, continue de croître. Il n’est pas difficile d’imaginer un avenir où les territoires produiront de l’énergie qui seraexportée vers les marchés du sud, et où l’énergie propre sera la norme dans le Nord, ce qui pourrait constituer une assise économique pour les générations futures.

 
Photos reproduites avec la permission de Patrick Kane/Up Here, Dianne Villesèche/www.ravenink.ca et ArcticNet. © 2016 Une vision nordique